SPECTACLES

So phare away

[Pièce 2026-2028 – En cours de création]

La marée monte. Bientôt, l’océan d’asphalte s’affalera sur la ville de toute sa masse chargée du sang des crassiers du monde, et viendra féconder le béton comme une sève. Au pied des immeubles obscènes survivant au-delà des nuages, les gardiens sont hissés dans leurs phares et résistent. Ça allume tout ce que ça peut dans leurs torches fendillées des banlieues, jusqu’à saturer le vide.
En bas, lorsque l’asphalte se retire, la circulation hurlante reprend ses droits. Ici, les panneaux et les pare-chocs ne mentent pas : le piéton est un cadavre.
Comme tous les Phartistes, Sofia vit seule dans sa tour. Elle est arrachée à Farrago 365 jours par an. Quand ils peuvent se retrouver, enfin, ils vivent soudés côte à côte sein et torse. Jusqu’à ce que le reflux s’amorce et qu’il soit obligé de repartir, encore.

So Phare Away est une nouvelle d’Alain Damasio éditée en 2012 dans son recueil « Aucun souvenir assez solide ». Le présent projet est une adaptation libre de ce texte par Charles Mounal et la compagnie Traü·me. Libre car nous avons choisi une traversée sensorielle autant qu’une narration : si le théâtre et les mots structurent l’ensemble (on retrouvera une partie du texte original), les corps, le mouvement, et la musique le complètent.

Création contemporaine Théâtre - danse - musique pour 4 interprètes et un musicien
Production Cᶦᵉ TRAÜ·ME
Metteur en scène : Charles Mounal
Chorégraphe : Chloé Dorémieux
Interprètes : Manon Chapuis, Chiara Corbetta, David Issautier, Olivier Priestley
Musicien : Jules Riou
Costumier/Scénographe : Paul Clousier
Dir. technique & Création lumière : Laura Blanchard

NOTE D’INTENTION

« La vérité, c’est que c’est vivant. C’est de la sève noire qui irrigue les pylônes, du sang de pilier qui pulse et arme du dedans les tours.
C’est de l’énergie pure, minérale. »

Alain Damasio, So phare away

So phare away parle de la façon dont l’humain détruit le vivant, des corps aux esprits. La façon dont la technologie, le contrôle et la saturation d’informations isolent et nourrissent solitude et exclusion. La façon dont l’amour, le lien et l’acte de création permettent de survivre, malgré tout.
C’est un texte aussi poétique que politique, en phase avec les enjeux que traversent nos sociétés, lancées dans une course macabre menant à notre propre destruction.
Le langage de Damasio est singulier, tranchant, novateur, puissant. Grâce à lui, chaque « Phartiste » lance un cri au monde. Un hymne à la résistance, à faire et à être autrement. Une lumière dans la nuit pour celleux qui vivent en lisière, que l’on pousse hors du monde, que l’on force à s’éteindre.
Notre adaptation se recentre autour des deux personnages de Sofia et Farrago, et de leur relation qui les sauve de ce monde en perdition. Les autres personnages du texte original pour devenir « les Ombres » ; fantômes des autres Phartistes mais aussi voix intérieures des protagonistes.

PARTENAIRES

La résidence #1 au CENTQUATRE-Paris a bénéficié du soutien de la Ville de Paris « Aide à la résidence artistique » ; et du dispositif « 90m² créatifs » de La Loge.

CALENDRIER

  • 10 Décembre 2025 : LECTURE, Cromot
  • 9 au 20 février 2026 : Résidence #1, CENTQUATRE-Paris
  • 13 au 18 juillet 2026 : Résidence #2, Ferme du Grand Béon

Crédits photo : Marine Foni